Les dix valeurs, et pourquoi elles forment un cercle
Shalom Schwartz a proposé en 1992 un modèle de dix valeurs de base, construit puis vérifié dans des dizaines de pays et de langues. Sa trouvaille n’est pas la liste, c’est la structure : les valeurs se disposent en cercle, et leur position décrit leurs rapports.
| Valeur | Ce qu’elle poursuit |
|---|---|
| Autodétermination | penser et agir librement, choisir soi-même |
| Stimulation | nouveauté, défi, intensité |
| Hédonisme | plaisir, satisfaction des sens |
| Réussite | succès démontré par la compétence |
| Pouvoir | statut, contrôle des ressources et des gens |
| Sécurité | sûreté, stabilité, ordre |
| Conformité | retenue, respect des attentes |
| Tradition | respect des coutumes et de l’héritage |
| Bienveillance | bien-être des proches |
| Universalisme | bien-être de tous, et de la nature |
Deux valeurs voisines se soutiennent : poursuivre le pouvoir et poursuivre la réussite demandent des comportements compatibles. Deux valeurs opposées se contredisent dans l’action : on ne maximise pas en même temps la sécurité et la stimulation, ni le pouvoir et l’universalisme. Ce n’est pas une affaire de cohérence morale, mais de ressources et d’arbitrages concrets.
Les quatre grands axes
Le cercle se résume à deux oppositions.
Ouverture au changement contre continuité. D’un côté l’autodétermination et la stimulation, de l’autre la sécurité, la conformité et la tradition. C’est l’axe qui décide si un projet nouveau vous attire ou vous inquiète en premier.
Affirmation de soi contre dépassement de soi. D’un côté le pouvoir et la réussite, de l’autre la bienveillance et l’universalisme. C’est l’axe qui décide au bénéfice de qui un effort est fourni.
Ces deux axes suffisent souvent à expliquer un désaccord qui semblait porter sur les faits : deux personnes qui hiérarchisent différemment sécurité et stimulation ne discutent pas du même problème quand elles parlent d’un changement d’organisation.
Pourquoi un profil de valeurs se lit en hiérarchie
Les questionnaires de valeurs produisent des scores presque tous positifs. Très peu de gens déclarent que la bienveillance leur est indifférente. Lus tels quels, ces scores donnent l’impression que tout le monde tient à tout, et ne distinguent rien.
L’information est dans l’ordre. C’est pourquoi un profil de valeurs se centre sur la moyenne de la personne elle-même : chaque valeur est située par rapport à tes autres valeurs, ce qui fait apparaître la hiérarchie que les scores bruts écrasent.
La conséquence pratique compte pour lire le tien : une valeur affichée en dessous de ta moyenne n’est pas une valeur que tu rejettes, c’est une valeur qui cède quand elle entre en conflit avec une autre.
Ce que Noetly mesure
Les dix valeurs sont une couche du profil, alimentée par la même conversation que les traits et projetée sur le cercle de Schwartz. Chaque axe porte sa marge d’erreur, et la couche ne s’affiche qu’une fois la mesure assez précise.
Les valeurs se lisent avec le reste. Une conscienciosité élevée dit que tu tiens tes engagements ; ta hiérarchie de valeurs dit envers qui, et au nom de quoi. C’est aussi la couche la plus utile pour comprendre un désaccord durable avec quelqu’un, en couple comme au travail, ce que détaille la page sur la compatibilité.